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Biographie

Audrey Tang, hackeuse et ministre du Numérique de Taïwan

Publié le 8 décembre 2016,
par VisionsMag.
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A 35 ans, Audrey Tang, la nouvelle ministre du Digital de Taïwan, est une personnalité hors norme : enfant précoce, entrepreneuse de génie, hackeuse hors pair et militante pour l’Internet libre. Née homme, elle change de sexe en 2005. Retour sur son parcours exceptionnel marqué par l’engagement civique et le combat pour la démocratie.

Une enfance hors norme

Audrey Tang, ou plutôt Autrijus Tang, voit le jour en 1981 à Taïwan avant de déménager en Europe où elle passe son enfance entourée d’activistes révolutionnaires. Son père, doctorant passionné par les mouvements étudiants de la place Tian’anmen auxquels il a participé, transmet à sa fille son amour pour la démocratie dans son sens le plus fort : le pouvoir du peuple.

A 8 ans, Audrey se passionne pour les livres de programmation de son père. N’ayant pas d’ordinateur, elle en dessine sur des feuilles de papier apprenant ainsi la programmation sans machine. Très vite, ses parents lui achètent un vrai ordinateur et, quelques mois plus tard, la jeune Audrey crée son premier programme : un jeu éducatif pour son petit frère.

A 13 ans, Audrey abandonne l’école pour se consacrer à la programmation et au lancement du World Wide Web (le Web) aux côtés notamment de Tim Berners-Lee, considéré comme l’inventeur d’Internet.

Une jeune entrepreneure autodidacte

A 15 ans, Audrey lance sa première start-up : un moteur de recherche en mandarin. Entre temps, elle écrit son premier livre « Road to Cyberspace » sur la trajectoire menant à l’apprentissage du Web. Dans les années 90, en pleine effervescence du Web, la jeune entrepreneuse s’investit dans les communautés de développeurs de code open source et particulièrement dans le projet Pugs afin de démocratiser la programmation informatique.

En 1997, Audrey quitte sa start-up et part pour la Californie où elle mène une carrière d’entrepreneur et de consulting dans la Silicon Valley, elle vient d’avoir 17 ans. Après avoir créé puis vendu deux start-up, elle décide de prendre sa retraite à 33 ans et rentre à Taïwan pour s’investir dans des projets politiques.

Une hackeuse de la démocratie

Ses premières actions coup de poing commencent en 2012 lorsque le gouvernement taïwanais diffuse une campagne vidéo sur une réforme économique particulièrement complexe montrant des citoyens complètement dépassés par la loi. En réponse à ce message qu’elle qualifie d’insultant pour le peuple, elle rejoint “g0v zéro” un groupe de hackeurs qui décide de diffuser sur Internet toutes les données budgétaires du gouvernement via un site clair et compréhensible destiné au grand public.

Depuis, toutes les actions menées par Audrey Tang ont pour finalité de rendre l’information transparente et de créer des outils de participation citoyenne.

Avec “g0v zéro”, Audrey s’investit dans le mouvement Tournesol des étudiants en 2014 protestant contre la ratification d’un traité commercial avec la Chine et qui s’est traduit par un sitting de 22 jours devant le parlement taiwanais. Tout en installant des caméras devant et dans le parlement, le groupe de hackeurs a créé un site de discussion afin de rendre l’événement visible par tous et encourager les débats. Le traité ne sera finalement pas signé.

Depuis le 1er octobre dernier, la hackeuse et militante Audrey Tang a pris ses fonctions de ministre du Numérique au sein du gouvernement taïwanais devenant ainsi la première personnalité transgenre au monde à occuper un poste ministériel.

Audrey Tang : une politique basée sur le dialogue réel

Aux élections suivantes, de nouvelles têtes politiques apparaissent : le Premier ministre de Taïwan et son vice-Premier ministre sont remplacés par des ingénieurs.

Lorsqu’on lui propose le poste de ministre du Digital, Audrey Tang accepte. Son objectif affiché n’est pas de s’opposer frontalement au système mais plutôt d’améliorer les moyens de prendre des décisions en politique basés sur le dialogue réel. La jeune ministre a d’ailleurs déjà prévu sa première mesure ministérielle: « introduire les éléments clés du modèle de gouvernance ouvert ».

Image : rfi.fr / amazonaws.com / YouTube