Chemins de fer russe : à travers l’histoire et les territoires Chemins de fer russe : à travers l’histoire et les territoires Chemins de fer russe : à travers l’histoire et les territoires
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Chemins de fer russe : à travers l’histoire et les territoires

Publié le 24 juin 2019,
par VisionsMag.
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Être le plus grand pays du monde suppose d’avoir les moyens de transports les plus efficaces. Et pour traverser les onze fuseaux horaires qui couvrent le territoire russe, entre toundras, montagnes et conditions climatiques extrêmes, le défi est de taille. Pour parcourir ce pays qui s’étend sur plus de 9 000 kilomètres, le train a longtemps été la solution idéale et a donné naissance à des trajets mythiques comme le Transsibérien.

Une histoire de distances

Le chemin de fer est historiquement une composante essentielle du territoire russe, permettant de créer du lien social et économique de Moscou à Vladivostok en passant par l’Oural et la Sibérie. Aujourd’hui, ce sont plus de 85 000 kilomètres de voies qui quadrillent le pays et qui acheminent près d’un milliard de passagers et un milliard de tonnes de marchandises chaque année.

L’histoire du transport ferroviaire russe débute en 1837 avec la première voie ouverte entre Saint-Pétersbourg et Pouchkine (autrefois Tsarskoïe Selo), 25 kilomètres plus au sud. Rapidement, le train devient un enjeu de développement pour la Russie. Entre 1891 et 1916, le plus gros chantier ferroviaire de l’époque permet la construction de la voie qui accueillera le légendaire Transsibérien. Fiable, économique et pratique pour accéder à des territoires isolés, le train se fait aisément une place dans le quotidien des russes à cette époque.

Depuis 2003, le transport ferroviaire en Russie est géré par la compagnie des chemins de fer russes (RJD) et plusieurs sociétés annexes. Elle assure 32,7% du transport de personnes dans le pays et 42,3% du transport de fret. Le caractère indispensable de l’activité ferroviaire reste donc toujours d’actualité près de deux cent ans après la pose des premiers rails.

Un moyen de transport incontournable

Dans un système mondialisé où la libre circulation des biens et des personnes est devenue une norme, toutes les puissances se doivent de posséder un réseau de transport performant. Ce dernier doit en effet répondre aux défis de la mondialisation et aux impératifs d’instantanéité économique et sociaux : aujourd’hui, les personnes veulent se déplacer plus vite et accéder à des produits de qualité rapidement. L’enjeu du transport russe est aujourd’hui de répondre à ces attentes.

L’immense espace russe est difficile à couvrir malgré la concentration des populations dans des régions clés. Le train pourrait alors se trouver relégué au second plan, lorsque l’on sait qu’une heure de vol est égale à une journée de train. Mais la solution ferroviaire reste tout de même séduisante pour un grand nombre de Russes et d’étrangers, grâce à son coût attractif et à un mode de voyage dépaysant. Si la France a clôturé son service de wagons-lit, la Russie dispose toujours d’un réseau international de trains-couchettes entre la Russie et les principales capitales européennes et asiatiques. Paris est notamment relié à Moscou par le Moscou-Express, qui part de la Gare de l’Est et parcourt 3 200 kilomètres jusqu’à la capitale russe, en passant par Strasbourg, Berlin, Varsovie et Minsk. Il est même possible d’atteindre le Japon et la Chine en prenant la correspondance à grande vitesse à Moscou.

Chemins de fer russe : à travers l’histoire et les territoires

Des acteurs nationaux indispensables

Depuis l’époque soviétique, le train constitue la colonne vertébrale du transport russe. Et pour alimenter cette machine, de nombreux industriels russes mais aussi étrangers sont à l’oeuvre. C’est le cas de Transmashholding, société détenue par Andrey Bokarev et Iskander Makhmudov, qui fournit une grande partie des trains russes actuels. L’entreprise de Bokarev et Makhmudov s’est construit des trains régionaux mais également des rames de métro et des locomotives.

Mais c’est le “Plan de redéploiement du transport ferroviaire jusqu’en 2030” qui, en 2007, va transformer fondamentalement le réseau de transport russe. Dans le cadre de ce plan de modernisation structurel, c’est le français Alstom qui s’allie à Transmashholding afin de créer une plate-forme commune pour la fabrication de locomotives adaptée aux normes ferroviaires russes. En juin 2018, Transmashholding et Locotech Services ont convenu de se regrouper sous une nouvelle holding. À la suite de la transaction, la contribution d’Alstom a été diluée et portée à 20 %, alors que 79,4% dans cette nouvelle structure sont désormais détenus par des sociétés appartenant à Dmitri Komissarov, Kirill Lipa, Andrey Bokarev et Iskander Makhmudov.

Le transport ferroviaire est l’un des facteurs indispensables du dynamisme russe. L’immensité du pays, qui constitue son réel atout en matière de ressources, devient rapidement un problème lorsqu’il s’agit d’acheminer les biens et les personnes. Mais le train et surtout la politique de développement ferroviaire de ces dernières années permettent de relever les défis de la mondialisation avec succès. Les alliances clés comme celle de Transmashholding et Alstom, mais aussi la pérennisation de l’usage du train par les russes contribuent à faire de ce transport la clé de voûte du développement économique et social du pays.