Isabel Dos Santos, symbole de la nouvelle économie africaine Isabel Dos Santos, symbole de la nouvelle économie africaine Isabel Dos Santos, symbole de la nouvelle économie africaine
Biographie

Isabel Dos Santos, symbole de la nouvelle économie africaine

Publié le 26 mars 2013,
par VisionsMag.
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Le magazine « Forbes » livre chaque année une liste attendue de milliardaires. Si certaines personnes ont bâti à coup de sueur et de labeur leur fortune, d’autres ne font que s’asseoir sur les héritages familiaux. On peut dire qu’Isabel Dos Santos a pu conjuguer les deux manières.

2003. Deux cargos acheminent de la nourriture de la France vers l’Angola. Ce n’est pas une énième aide internationale afin de venir au secours du peuple Angolais, le festin est destiné aux milliers d’invités prévus pour le mariage de Sindika Dokolo et d’Isabel Dos Santos. Un budget de 4 millions de dollars pour marier la « Princesse », qui n’a jamais aussi bien mérité son surnom. Dix ans plus tard, elle est devenue la première femme africaine milliardaire, selon le classement du so chic « Forbes », le 23 janvier dernier.

Le pétrole de la famille Dos Santos

Isabel Dos Santos est tombée dans le pétrole quand elle était petite. Sa vie sera indissociable, malgré elle, de l’or noir. Elle étrenne le nom du paternel Dos Santos, président angolais depuis 33 ans, et l’un des principaux bénéficiaires de la manne pétrolière qui enrichit une minorité de la population angolaise. D’ailleurs, sa famille est l’une des plus riches de ce pays de l’Afrique de l’Ouest. Les Dos Santos gèrent un patrimoine immobilier de premier ordre en Europe. La famille a également des comptes en banque en Suisse et une multitude de sociétés. Bien avant cet enrichissement continuel, c’est le pétrole qui fut à l’origine de la rencontre des parents d’Isabel Dos Santos. Envoyé par le régime faire ses armes dans le domaine du pétrole en URSS, son père y rencontrera Tatiana Kukanova, originaire de Bakou (Azerbaïdjan). De cette union naîtra Isabel Dos Santos en 1973.

Isabel, une princesse habile

« La princesse » a été éduquée à la façon occidentale. Celle qui a suivi une formation d’ingénierie mécanique et électronique au King’s College de Londres, penche plutôt pour la culture anglo-saxonne. Ce qui ne l’empêche pas de manier avec brio d’autres langues, comme le français et, évidemment, le russe. Elle est donc très à l’aise dans l’univers des nuits mondaines. Réservée, voire timide, elle se forge néanmoins un caractère de battante au fil de son parcours.

Par ailleurs, Isabel Dos Santos se trouve dotée d’un sens aiguisé pour les affaires. Bien sûr, la bienveillance de son père, et surtout sa fortune personnelle amassée le long de son règne, ouvrira des portes à Isabel. Au début des années 90, elle se lance dans les affaires pour devenir deux décennies plus tard, la figure de proue de l’économie Angolaise et un des visages de l’Afrique qui réussit. Après des études brillantes, Isabel dos Santos intègre les bureaux de Coopers & Lybrand, consultant en audit financier, à Londres. Peu de temps après elle se lance à son propre compte en créant une entreprise de collecte de déchets basée à Luanda.

Fille de président et entrepreneur

Un changement de cap s’opère en avril 2001, sous l’œil bienveillant du paternel. Isabel Dos Santos rejoint Unitel, opérant dans les postes et télécommunications. Parallèlement, elle se lance dans le business très lucratif du diamant par le biais de Trans Africa Investment Services (Tais), une société créée à Gibraltar en 1997. Elle est l’une des rares femmes, civile de surcroît, à pouvoir opérer en toute quiétude dans l’univers économique Angolais.

Elle commencera à investir dans une multitude d’entreprises essentiellement angolaises et portugaises. La position dominante de la fille du président fait d’elle l’interlocutrice idéale pour l’implantation de groupes portugais en Angola. Ses nombreuses parts dans des structures disséminées à travers le monde lui a permis d’amasser une fortune colossale. Elle est l’un des actionnaires principaux de la BESA, filiale angolaise de la deuxième banque privée portugaise. Portugal Telecom, la Condis, structure spécialisée dans la distribution alimentaire, sont entre autres inscrits dans ses tableaux de chasse.

En plus d’être la fille du président, Isabel Dos Santos est d’une intelligence rare dans les affaires. La crise qui secoue l’Europe, notamment le Portugal est pour elle du pain béni. Une occasion de racheter des entreprises en détresse financière ou de réinjecter des fonds dans des structures qui en ont besoin. En guise d’exemple, en 2012, la banque BIC Angola, dont elle détient 25 % des parts, acquiert pour 40 millions d’euros la BPN, une banque privée portugaise au bord de la faillite, nationalisée en 2008 puis renflouée à hauteur de 5,1 milliards d’euros par l’Etat. Son nom apparaît dans les conseils d’administration de plusieurs sociétés présentes dans le business de haut niveau, au Portugal comme en Angola.

Les coups de poker et les autres appuis paternels lui ont permis d’amasser la bagatelle de 170 millions d’euros selon Forbes.

Isabel Dos Santos, symbole de la nouvelle économie africaine
Isabel Dos Santos, fille du président angolais, est en passe de devenir une femme d'affaire incontournable en Afrique.

Milliardaire en réserve

Pour « les fils et les filles de… », deux modes de vie se présentent: soit le « bling-bling », soit la discrétion. Pour les uns, défrayer la chronique et être constamment au-devant de la scène est un besoin. Pour les autres, la théorie du « pour vivre heureux, vivons cachés » est primordiale. Isabel Dos Santos est à classer dans cette seconde catégorie. Avare en apparitions publiques et en interviews, la femme est particulièrement discrète. Isabel Dos Santos fuit les médias et redoutent les expositions sous les feux de la presse. Malgré un héritage politique familial imposant, la femme met toujours une distance avec le monde politique. Plus intéressée par les collections d’art et sa famille. Abonnée aux nuits luandaises grâce à son restaurant Miami Beach Club fondé en 2006, elle évite toutefois la surenchère médiatique, d’ailleurs dès qu’elle quitte le sol angolais, personne ne la reconnait. Une manière d’être humble ou une façade de circonstance ?