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Politique

L’entrepreneur à succès Christian Kern est le nouveau chancelier autrichien

Publié le 17 juin 2016,
par VisionsMag.
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L’Autriche s’est choisi un nouveau chancelier, l’entrepreneur à succès Christian Kern, pour constituer un difficile gouvernement de coalition suite aux récents résultats polémiques des urnes.

Malgré l’échec des sociaux-démocrates (SPÖ) aux dernières élections présidentielles du 22 mai dernier, c’est Christian Kern, le nouveau chef du parti de centre-gauche, qui a été élu le 13 mai, au poste de chancelier fédéral par sa famille politique. L’annonce de l’élection de l’ex-patron charismatique de la compagnie nationale des chemins de fer au poste de président du gouvernement fédéral autrichien a été officialisée par le président par intérim du parti social-démocrate, Wolfgang Häupl, l’actuel maire de Vienne. « La décision est tombée » a-t-il sobrement déclaré à la suite d’une réunion des chefs de fédération du parti historique, au pouvoir depuis 1951. Christian Kern, succède à Werner Faymann, lequel avait rendu sa démission suite à la cuisante défaite de son parti au premier tour de l’élection fin avril dernier.

Membre du parti social-démocrate depuis ses 25 ans

Ce n’est pas la première fois que le SPÖ cherche à se renouveler en se choisissant un dirigeant d’entreprise à succès. Christian Kern succède ainsi au poste de chancelier fédéral à des hommes d’Etat tels que Viktor Klima, l’ancien patron de la compagnie pétrolière nationale ÖMV, ou encore Franz Vranitzky, un ancien banquier.

Le fringant quinquagénaire entretient son réseau au sein du SPÖ depuis son plus jeune âge, en tant que militant local à Vienne. Issu d’un quartier populaire, diplômé en management et en journalisme, il débute comme conseiller ministériel SPÖ dès l’âge de 25 ans. Il quitte pourtant la politique en 1997 pour rejoindre le groupe énergétique Verbund, avant de prendre la tête des ÖBB, les chemins de fer fédéraux autrichiens, dont il a considérablement assaini le budget et modernisé l’image.

Kern : un patron efficace auquel tout réussit

Auréolé pour sa gestion exemplaire des Österreichische Bundesbahnen (ÖBB), le nouveau chancelier, à la tête d’un parti social-démocrate à la dérive, est l’homme de la situation pour de nombreux observateurs. La tâche s’annonce en effet très laborieuse, à la tête d’un gouvernement autrichien fraichement élu, mais éclaté en tendances opposées à l’extrême.

Pour l’instant, Christian Kern, le patron d’entreprise au parcours irréprochable, marche littéralement sur l’eau. Largement favori au poste de chancelier fédéral au lendemain de la démission de Werner Faymann, il s’est aisément assuré du soutien des pontes de la social-démocratie autrichienne, tous convaincus par le sans-faute de leur nouvel homme fort au sein d’un parti en réelle difficulté qui n’a récolté que 11,28 % des voix aux dernières élections.

Un patron regretté même du côté des syndicalistes

A la tête des ÖBB, la compagnie nationale des chemins de fer depuis 2010, Christian Kern a redressé le bilan comptable d’une entreprise publique en perte de vitesse depuis quelques années. Ses résultats après 6 années à la barre des ÖBB : des voyageurs de plus en plus nombreux et des retraites anticipées en moins pour les 40.000 salariés de la première entreprise de transport public du pays.

Christian Kern quitte le 22ème étage de son immeuble proche de la gare centrale de Vienne, au regret d’une majorité de ses anciens collaborateurs. « Il a fait évoluer les choses au sein des ÖBB », tout en étant « le premier à vraiment défendre les droits des salariés », a déploré Roman Hebenstreit, le chef du Syndicat du rail, qui a expliqué avoir dû « essuyer les larmes » de salariés à l’annonce de son départ.

L’Autriche s’est choisi un nouveau chancelier pour constituer un difficile gouvernement de coalition suite aux récents résultats polémiques des urnes.

La dure gageure de réunir un pays fondamentalement divisé

Traditionnel pilier du système politique autrichien depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le SPÖ n’a pu que constater sa nette défaite au premier tour de la présidentielle le 24 avril dernier. C’est le candidat du Parti de la liberté (FPÖ), le parti d’extrême droite, longtemps dirigé par Jörg Haider, qui est arrivé en tête, avant de s’incliner de justesse au second tour, face à l’écologiste Alexander Van der Bellen (GRÜNE). Il a fallu attendre le décompte final des bulletins, le lendemain d’un vote controversé, pour annoncer les résultats.

Le nouveau chancelier, fort d’une popularité nationale sans précédent, va devoir composer avec deux partis que tout oppose. Certains cadres sociaux-démocrates évoquent déjà l’éventualité d’une alliance avec l’extrême-droite pour constituer un gouvernement de coalition.

Photos : courrierinternational.com / leparisien.fr /scoopnest.com