Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS
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Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS

Publié le 5 février 2019,
par VisionsMag.
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Au nord-ouest de l’Arabie saoudite, les dunes et le littoral s’étendent à perte de vue. Plus pour longtemps : en dévoilant l’année dernière le projet d’une mégalopole à la pointe de la modernité, le prince Mohammed ben Salmane Al-Saoud entend modifier en profondeur l’économie de son pays.  

Un projet grand comme la Bretagne

 
Dès son annonce, le projet Neom s’est distingué par ses ambitions. Par sa taille aussi, puisque cette cité devrait s’étendre sur une superficie de 26.500 km², soit un territoire aussi vaste que la Bretagne et 250 fois plus grand que Paris. La ville sera créée de toutes pièces et va nécessiter un investissement estimé à 500 milliards de dollars dont la majeure partie proviendra de fonds publics saoudiens. Dès le début des travaux, qui devraient commencer à l’horizon 2025, près de 260.000 travailleurs seront requis pour construire cette cité dont le gigantisme ne sera pas la moindre des caractéristiques.
 

Cumul de superlatifs

 
Car le projet Neom voit grand à tous les niveaux : 16 secteurs prioritaires qui devront chacun se placer à la pointe de leur domaine, ont été établis. L’accent sera mis sur l’énergie, la gestion de l’eau, les biotechnologies, la mobilité, la production de nourriture dans des fermes high-tech, la fabrication de biens, les médias, la culture, la technologie, le tourisme, le sport, l’entrepreneuriat, les services, le secteur de la santé, l’éducation et enfin, la qualité de vie. Une visite sur le site Internet dédié à cette ville du futur ne laisse aucun doute sur ses ambitions : Neom offrira un cadre écologique, innovant et hyper-connecté, socialement ouvert, tolérant et tourné vers l’avenir.
 

« Une page blanche pour l’avenir de l’humanité »

 
Présenté en octobre 2017 et porté par le prince Mohammed ben Salmane, le projet n’en est pour l’heure qu’à ses balbutiements. Pourtant ses contours se précisent : Klaus Kleinfeld, ancien CEO de Siemens, a été placé à la tête des opérations, et un gigantesque cahier des charges est en train d’être élaboré. Car Neom ne représente pas moins que l’avenir de l’Arabie saoudite et s’inscrit comme le fer de lance du plan Vision 2030. Élaboré en 2016, ce plan de développement aspire à faire sortir le pays de sa dépendance vis-à-vis du pétrole dont les cours se sont effondrés ces dernières années. L’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au niveau mondial, vise donc à se placer à la pointe des secteurs les plus innovants, tandis que le Qatar s’est déjà tourné vers le sport, Abu-Dhabi vers la culture et Dubaï vers le tourisme haut de gamme.
 

Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS
C’est l’un des paris les plus ambitieux du XXIe siècle : Neom, un espace économique s’étendant sur 26.500 km², devrait sortir du désert saoudien dès 2025.
Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS
Neom, l’incroyable pari urbain du prince saoudien MBS

Un projet observé avec attention

 
Si les travaux commencent à la date prévue, les premiers habitants pourraient s’installer dès 2030. A terme, la ville de Neom devrait générer à elle seule un PIB de 100 milliards de dollars, soit presque autant que celui du Koweït. De telles ambitions intéressent au plus haut point les entreprises françaises, d’autant plus que ces dernières cherchent à s’implanter de nouveau dans la région après avoir dû se retirer d’Iran. Le projet Neom représente un pôle d’attractivité conséquent pour des groupes tels que Total, Engie, Suez, Vinci ou encore Airbus, qui pourraient y décrocher de juteux contrats.
 
La volonté politique du MBS ne fait aucun doute, mais il reste à relever le défi de créer une ville ex nihilo, défi au résultat parfois mitigé. En effet, si Abuja et Brasília ont globalement réussi leur pari, d’autres villes nouvelles ont essuyé des échecs plus ou moins cuisants, comme Astana au Kazakhstan ou Naypyidaw en Birmanie. Le site, qui semble offrir une situation idéale, ainsi que la volonté politique et les fonds mis en œuvre font de Neom un projet dont l’évolution sera quoiqu’il advienne à suivre avec le plus grand intérêt.
 
Photos: meobserver.org /ytimg.com / jesus.ch / hospitality-on.com