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La Russie et la Chine mettent le cap sur la Lune

Publié le 4 mai 2021,
par VisionsMag.
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La Russie et la Chine viennent d’officialiser leur projet de coopération dans le domaine spatial, avec l’installation d’une station en surface ou en orbite autour de la Lune.

La Russie et la Chine officialisent enfin leur projet de coopération dans le domaine spatial. Entamé dès 2017, le rapprochement entre les deux pays porte sur un projet de création d’une station spatiale en surface de la Lune ou en orbite autour d’elle. Ce projet, rendu public le 9 mars 2021 par Moscou et Pékin, marque une première étape dans la constitution d’une véritable force de travail commune, avant de viser Mars à plus long terme.

Cette union concrétise plusieurs années de discussions et peut s’entendre comme une réaction à l’attitude américaine. Au printemps 2020, Donald Trump avait en effet inquiété le reste du monde en déclarant que les États-Unis comptaient “s’engager dans l’exploration commerciale, la récupération et l’utilisation des ressources dans l’espace extra-atmosphérique”, sans considérer la Lune et ses ressources comme “le patrimoine commun de l’humanité”. Le projet sino-russe peut d’ailleurs être interprété comme une réponse au Lunar Orbital Platform-Gateway (LOP-G), le projet américain de création d’une mini-station spatiale en orbite autour de la Lune, opérationnel d’ici 2030.

Un projet ouvert à d’autres pays

Roskosmos, l’agence russe, et l’Administration spatiale chinoise (CNSA), se sont donc entendus pour une collaboration d’envergure, considérée comme la plus importante de l’histoire de la conquête spatiale en Chine. Un flou subsiste toutefois au sujet des moyens alloués, aucun budget n’ayant été communiqué, pas plus qu’un calendrier (la perspective fixée serait l’horizon 2035 pour une présence humaine permanente).

L’annonce s’apparente ainsi à une volonté de marquer les esprits tout en formulant un appel aux autres pays intéressés. Difficile d’imaginer en effet que l’agence spatiale européenne (ESA) reste immobile alors que les Russes et les Chinois appellent à une réunion des forces pour contrer la toute puissance américaine. Moscou et Pékin aimeraient créer un grand laboratoire, un « village scientifique lunaire » où seraient installés des outils d’observation du milieu lunaire. L’Inde et d’autres pays émergents sont aussi visés par cette proposition de collaboration.

La Russie et la Chine mettent le cap sur la Lune

Un besoin de coopération pour chacun des deux pays

Cette coopération est aussi une manière pour les deux puissances de combler certaines lacunes. De son côté, la Russie, pionnière de la conquête spatiale et grande contributrice des progrès scientifiques en la matière, appelle aujourd’hui à la prudence quant à l’état de vétusté de la station orbitale ISS et projette de construire sa propre station spatiale. Dans le même temps, des initiatives privées telles que KosmoKours ont récemment tourné court avec le retrait d’investisseurs majeurs tels que l’entrepreneur russe Iskander Makhmudov. C’est donc tout un secteur qui se réorganise.

Du côté des Chinois, il va être intéressant de rattraper un retard technologique en bénéficiant du matériel russe. Les deux pays prévoient d’ores et déjà d’installer des “stations sols” de GPS russes en Chine et de GPS chinois en Russie. Par ailleurs, la Chine jouit actuellement d’une bonne dynamique, matérialisée par des échantillons de Lune rapportés en décembre 2020 (une première depuis plus de 40 ans) et par l’envoi de la sonde Tianwen-1 qui a réussi à se mettre en orbite autour de Mars en février 2021. Ce partenariat avec la Russie sera d’ailleurs son plus important projet de coopération internationale en matière de conquête spatiale.