Mais à qui appartient la Lune ? Mais à qui appartient la Lune ? Mais à qui appartient la Lune ?
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Mais à qui appartient la Lune ?

Publié le 16 février 2021,
par VisionsMag.
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Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin plantent un drapeau des USA sur la Lune. Néanmoins, cela n’a pas fait du satellite naturel de la Terre le 51e État américain. Mais alors, à qui appartient donc la Lune ?

En général, quand l’homme fait un premier pas quelque part, il a tendance à se déclarer propriétaire. Une tradition qu’Armstrong et Aldrin n’ont heureusement pas perpétré lors de leur alunissage. Il faut dire que la Lune est protégée par le droit international. Enfin …plus ou moins.

Des Traités parfois maltraités

Avant même le départ de la mission Apollo 11, la communauté internationale avait pris des mesures pour freiner les ambitions américaines en ratifiant, le 27 janvier 1967, le traité de l’Espace. Dans ce texte, il est notamment stipulé : « l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen »

En clair, Neil Armstrong et Buzz Aldrin peuvent bien planter un drapeau américain, cela n’a aucune valeur autre que celle d’opération marketing « destinée à faire la promotion du système capitaliste et des USA » face au modèle communiste soviétique.

Dans ce même texte, il est également écrit : « tous les États parties au traité utiliseront la Lune et les autres corps célestes exclusivement à des fins pacifique. Sont interdits sur ces corps célestes l’aménagement de bases et installations militaires et de fortifications, les essais d’armes de tous types et l’exécution de manœuvres militaires».

Seulement, 54 ans après la signature du traité de l’Espace, la conquête spatiale a sensiblement évolué. Autrefois symbole de l’exploration ultime, de la prouesse technologique suprême sur fond de pacifisme et de collaboration internationale (comme en témoigne par exemple l’ISS), la Lune est aujourd’hui devenue le théâtre d’affrontements d’intérêts privés.

Il y a quelques décennies, si cette compétitivité n’est encore qu’une hypothèse, elle est déjà envisagée. C’est pourquoi certains pays tentent alors de renforcer le statut juridique de notre astre le plus proche en accouchant du traité de la Lune. La France notamment, pousse avec ardeur ce texte lancé 1979 qui stipule par exemple que toute exploitation lunaire soit faite uniquement « au bénéfice et dans les intérêts de tous les pays ». Entré en vigueur en 84, le traité est immédiatement considéré comme un échec. En effet, seulement 15 pays le signent, et parmi eux, aucun ne dispose d’un programme spatial actif ou même en cours de développement.

Clairement, les nations les plus avancées dans la conquête spatiale (USA, Russie, Chine, Japon, Inde…) n’ont aucune envie de restreindre leur potentiel champ d’action pour une durée illimitée. Et sans ces grandes puissances pour mettre en application les réglementations du traité, ce dernier devient plus ou moins inutile, ce qui place le statut juridique de la Lune dans une zone grise.

Sky is not the limit

C’est cette face floue de la Lune que certains ont pris soin d’exploiter, en particulier aux États-Unis. En 2015, le Congrès vote par exemple le Space Act, autorisant les citoyens américains à entreprendre l’exploration et l’exploitation commerciale des ressources spatiales. Ce qui ne les autorise pas pour autant à réclamer une souveraineté, un règne ou la possession d’un corps céleste. 

Cela permet à des sociétés telles que Space X ou Blue Origin (respectivement dirigées par Elon Musk et Jeff Bezos), d’envisager de futurs travaux sur la Lune, en prévision de voyages touristiques ou pour la préparation de missions vers Mars. Ce dernier objectif est d’ailleurs partagé par le président Donald Trump. Celui que l’histoire ne retiendra peut-être pas pour son sens de la mesure et de la sobriété a plusieurs fois encouragé la NASA à retourner sur la Lune en 2024. Sans prendre en considération le fait qu’une fusée, une capsule habitable ou même un système d’alunissage ne soient prêts.

Dans les faits, la Lune n’appartient donc à personne. Et pourtant, cela n’empêche pas certains de s’en déclarer propriétaire. Un certain Denis Hope par exemple, vend des parcelles lunaires depuis les années 90 ! Via son site Internet, Lunar Embassy, il vend des lots de 4000m² pour 25$. À vrai dire, Dennis Hope se vante sur ce même site d’avoir revendiqué la propriété de toutes les planètes du Système solaire à l’exception de la Terre bien sûr !

Bien que les titres de propriété qu’il a déposés auprès des services fonciers de San Francisco n’aient évidemment aucune valeur légale, il affirme avoir vendu des centaines de millions d’hectares de terrain lunaire.

Photos : sciencepost.fr / vice.com/

Mais à qui appartient la Lune ?
En 1969, les USA plantent leur drapeau sur la Lune. Cela n'en a pas fait le 51e État US . Mais alors, à qui appartient donc la Lune ?
Mais à qui appartient la Lune ?