Olivier Brandicourt l’ « oiseau rare » de Sanofi ? Olivier Brandicourt l’ « oiseau rare » de Sanofi ? Olivier Brandicourt l’ « oiseau rare » de Sanofi ?
Biographie

Olivier Brandicourt l’ « oiseau rare » de Sanofi ?

Publié le 23 avril 2015,
par VisionsMag.
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Olivier Brandicourt vient de prendre la tête de Sanofi. Il remplace Chris Viehbacher, limogé fin octobre. En place depuis le 2 avril 2015 le nouveau PDG a déjà dû faire face aux critiques suite à la révélation de son bonus de 4 millions pour prendre la direction du groupe. Pourquoi un tel investissement de la part de Sanofi ? Qui est son nouvel homme fort et quels seront ses objectifs? Portrait de l’« oiseau rare ». Docteur en médecine, Olivier Brandicourt a étudié à la Faculté Lariboisière Saint-Louis à Paris et a obtenu une maîtrise de biologie humaine et un DEA de physiologie cellulaire infectieuse et immunitaire. La carrière d’Olivier Brandicourt commence à l’étranger : en Afrique tout d’abord, puis sur le sol américain. Diplômé en biologie, il se spécialise dans les maladies infectieuses, tropicales. Assez vite, ses travaux le mènent en Afrique de l’Ouest pour étudier la transmission du paludisme.

Le lien qu’il entretient avec ce continent remonte à son grand-père. Ce dernier, Louis Gros, fut avocat mais aussi député au Maroc, et quelques années plus tard, le père d’Olivier Brandicourt accepta un poste de responsable des douanes pour l’Afrique de l’Ouest. Le nouveau directeur de Sanofi est d’ailleurs né à Casablanca le 13 février 1956. Mais c’est sur un autre continent qu’il va réaliser la plus grande partie de sa carrière.

Ainsi, après des années passées en tant que médecin et chercheur, Olivier Brandicourt part aux Etats-Unis pour devenir un homme d’affaires et un chef d’entreprise. C’est en 1988, à 32 ans, que le laboratoire américain Parke-Davis, département pharmaceutique du groupe Warner-Lambert, lui propose un poste de directeur médical. Sa mission : développer une molécule résistante au paludisme. Il part vivre aux Etats-Unis, il obtiendra plus tard le statut de résident américain. C’est là-bas qu’il va apprendre le management médical. Il devient directeur marketing et prend en charge le développement du médicament vedette anti-cholestérol, le Lipitor. Il part ensuite au Canada, lorsque sa compagnie, Parke-Davis, fusionne avec le géant américain Pfizer.

Olivier Brandicourt le meilleur candidat

Dans ce nouveau groupe, il obtient une promotion. Son nouveau rôle : diriger l’entité de médecine générale, qui réalise 22 milliards de dollars de vente. C’est ensuite avec le groupe Bayer qu’il continue sa vie professionnelle. En 2013, il part donc en Allemagne, et devient président directeur général de Bayer HealthCare AG. Ce sont ses qualités de manager, de chercheur et de spécialiste de l’international qui font d’Olivier Brandicourt « l’oiseau rare », comme le décrit Serge Weinberg, président du conseil d’administration du groupe, que Sanofi décide d’engager en février 2015.

Il est depuis le 2 avril 2015 le directeur général du cinquième groupe pharmaceutique du monde. Il remplace Chris Viehbacher, limogé en octobre 2014, et prend la suite de Serge Weinberg, président du conseil et directeur par intérim. Ce dernier a dit de son nouveau partenaire qu’il était un professionnel de la pharmacie et fin connaisseur du marché américain et donc le meilleur candidat pour ce poste. Sanofi réalise, en effet, un tiers de ses ventes aux Etats-Unis, avec des produits luttant contre le diabète, le cholestérol et l’hypertension. Autre défi du groupe et de son nouveau patron : le lancement d’un nouveau vaccin contre la dengue.
L’annonce de l’arrivée d’Olivier Brandicourt au sein du groupe Sanofi a été quelque peu noircie par l’octroi d’un bonus de 4 millions d’euros à son futur directeur. En effet, alors que le groupe a supprimé près de 4000 postes depuis 2009, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a jugé « incompréhensible » cette rémunération, alors que le patron n’a pas encore atteint ses premiers objectifs.

Mais cela prouve aussi toute la difficulté de la tâche et les attentes qui pèsent sur le nouveau directeur. Le groupe a connu une crise de gouvernance en 2014. En effet, au mois d’octobre, Chris Viehbacher, directeur général, a été limogé. C’est le président du conseil, Serge Weinberg, qui a tenu le poste en intérim avant l’arrivée d’Olivier Brandicourt en avril 2015. Les raisons de l’éviction du manager canado-allemand : les tensions avec le président du conseil, concernant notamment son installation à Boston.

Une internationalisation de Sanofi essentielle pour sa croissance

Sanofi pèse lourd très lourd dans le domaine pharmaceutique. Le dirigeant historique de ce géant, nommé également le « bâtisseur », fut Jean-François Dehecq. Il a été patron de la société pendant 37 ans et a ainsi conduit le groupe vers ce qu’il est aujourd’hui. Son chiffre d’affaires en 2014 est de 33 770 millions d’euros, contre 32 951 un an plus tôt mais 34 947 en 2012. En termes de répartition du chiffre d’affaires en fonction des activités du groupe : 82,1% proviennent de la branche pharmacie, 11,8% des vaccins et 6,1% viennent de la division santé animale. En fonction de la zone géographique, seulement 23% du chiffre d’affaires est réalisé en Europe de l’Ouest, contre 33% aux Etats-Unis et le même pourcentage pour les marchés émergents. L’internationalisation du groupe est point essentiel pour sa croissance.

Le groupe a produit en 2014, 3503 millions de médicaments, 468 millions de vaccins pour les êtres humains et 571 millions de doses de vaccins pour animaux. Les produits phares en termes de santé grand public sont les médicaments Doliprane et Maalox. Les autres départements développent des produits luttant contre le diabète, la sclérose en plaques ou les maladies rares. Depuis 2013, le groupe a mis en place un département spécialisé dans les médicaments génériques. En 2014, les ventes de génériques ont atteint 1 805 millions d’euros, soit une croissance de 11,1% par rapport à 2013.

Olivier Brandicourt l’ « oiseau rare » de Sanofi ?
OLivier Brandicourt vient de prendre la tête de Sanofi. Qui est son nouvel homme fort et quelles seront ses objectifs ? Portrait d’un « oiseau rare »

Un cahier des charges bien rempli pour Olivier Brandicourt

Apres la crise de gouvernance de 2014, les chantiers du nouveau directeur général sont multiples : retrouver un certain apaisement au sein du management, gérer les pertes de brevets et développer les ventes dans les pays émergents, allier un business américain avec une gouvernance à la française, entre autres… La tâche ne sera pas aisée d’autant plus que, c’est certains, après la polémique sur son bonus, ses premiers résultats seront scrutés de près et jugés par les actionnaires, les employés et le gouvernement !

Sources des photos : www.lefigaro.fr / www.thelocal.fr