La faune Russe : de l’alarme aux prises d’initiatives pour sauver les espèces La faune Russe : de l’alarme aux prises d’initiatives pour sauver les espèces La faune Russe : de l’alarme aux prises d’initiatives pour sauver les espèces
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La faune Russe : de l’alarme aux prises d’initiatives pour sauver les espèces

Publié le 12 septembre 2019,
par VisionsMag.
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Pays le plus vaste au monde, la Russie abrite de nombreuses espèces animales en voie de disparition. Une situation liée à plusieurs facteurs et qui donne lieu à des prises d’initiative gouvernementales et associatives dans le but de préserver les espèces en danger.

Des ours polaires qui débarquent dans un village pour faire les poubelles afin de trouver de quoi manger. Ces scènes anormales, largement médiatisées au début 2019, se déroulent régulièrement depuis six mois à Belouchia Gouba, dans l’archipel russe de Nouvelle-Zemble situé dans l’Arctique[1]. Elles sont le témoignage direct des conséquences du réchauffement climatique sur la faune.

Le constat est alarmant car aujourd’hui dans le monde, entre le changement climatique, la pollution, l’exploitation directe de certaines espèces, l’invasion des espèces exotiques, la déforestation ou la mauvaise cohabitation entre humains et animaux, une espèce sur huit est menacée de disparition à brève échéance. Au total, ce sont environ un million d’espèces qui sont menacées d’extinction sur un total de 8,1 millions d’espèces végétales et animales[2].

Le léopard de l’Amour, symboles d’une liste effrayante des espèces en danger

L’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN) dresse la liste rouge, celle des espèces en danger immédiat de disparition. Y figurent une espèce de corail sur trois, une espèce de requin ou de raie sur trois, un quart des mammifères, 13,5 % des oiseaux ou encore un reptile sur cinq. Des chiffres qui font froid dans le dos et qui n’échappent pas à la Russie, territoire étendu (17,1 millions de km²) et varié qui abrite plusieurs espèces emblématiques dont certaines qui sont en grave danger d’extinction. La liste est effrayante : la baleine bleue, le béluga européen, l’ours brun, la grue de Sibérie, la loutre de mer, l’ours du Kamtchatka, l’ours blanc, l’antilope saïga, le léopard de l’Amour, l’ours à collier ou encore la mulette perlière[3]. Tous ces animaux font l’objet de programmes visant à les sauvegarder à travers des surveillances particulières ou des regroupements dans des zones où ils sont protégés.

Le cas du léopard de l’Amour est celui qui inquiète le plus autant qu’il est porteur d’optimisme. En raison d’une forte consanguinité, l’espèce a été fragilisée. Elle a aussi dû faire face au braconnage et à la déforestation qui a provoqué une migration et un rapprochement des villes où la cohabitation avec l’humain est difficile. Faute de proies en forêts, le léopard s’est attaqué au bétail et a donc subi en contrepartie les courroux des fermiers.

Grâce à une action de la branche russe de WWF, le félin le plus rare de la planète a pu être sauvé. En effet, entre 2007 et 2017, sa population est passée d’une trentaine à une centaine d’individus, notamment grâce à la fondation en 2012 du Parc national Zemlya Leopardov (Terre de Léopard) situé dans le Primorsky Krai, à la frontière avec la Chine et la Corée du Nord à l’extrême-est du pays.

Un plan d’action international pour le béluga de la mer Caspienne

Sous les eaux, le cas du béluga européen, ou grand esturgeon, est intéressant. Très recherché pour le commerce du caviar, il a été victime d’une surpêche dans les années 1970 en mer Caspienne qui concentre 90 % de la production du caviar. Un traité signé en 2003 par les cinq pays bordant la mer Caspienne (Russie, Iran, Azerbaïdjan, Turkménistan et Kazakhstan) a été signé afin d’encadrer la pêche. Mais en 2008, la situation étant hors de contrôle, l’interdiction de la vente sauvage de caviar a été ordonnée.

Dans les airs, la grue de Sibérie est placée en danger critique d’extinction depuis 2000. Sa population totale est estimée entre 3500 et 4000 oiseaux. Elle vit en Sibérie puis migre vers le nord de la Chine. Cet oiseau, qui peut vivre jusqu’à 80 ans, est traqué par les chasseurs et menacé par l’assèchement des zones humides causé, par exemple, par l’émergence des grands barrages en Chine pour détourner les cours d’eau afin d’irriguer les productions agricoles.

Les gisements importants de gaz et de pétrole en Sibérie impactent également l’équilibre des grues qui font pourtant partie d’un vaste programme incarné par Vladimir Poutine en personne. En 2012, le président de la Russie s’était illustré en participant à un vol en deltaplane chargé d’enseigner aux oiseaux nés en captivité à réapprendre à voler. La réhabilitation de zones humides ces dernières années participe également à redonner aux grues des milieux naturels favorables à leur reproduction et à leurs conditions de vie.
Entre constat alarmant, actions des associations et prise de conscience des pouvoirs politiques, les espèces russes menacées ont ainsi peut-être un espoir d’éviter de faire partie de la longue liste des animaux disparus ou appelés à disparaître.

Un salut qui pourrait venir d’initiatives philanthropiques

Les exemples d’espèces en voie de disparition ne manquent pas, et ces dernières, souvent à la merci de l’urbanisation ou l’exploitation d’espaces tels que les forêts vierges, sont particulièrement vulnérables dans les pays en voie de développement. Cependant, une prise de conscience s’est opérée dans nombre de pays développés.

La Russie ne fait pas exception. Grâce à l’esprit philanthropique de certaines grandes fortunes, de nombreuses espèces bénéficient de programmes de protection. C’est ainsi que le milliardaire Iskander Makhmudov, par le biais du sponsoring de l’entreprise UMMC, agit en faveur de nombreuses espèces qui peuplent la Sibérie, notamment en ce qui concerne le tigre de l’Amour. Ces initiatives dont le budget dépend souvent entièrement des dons sont l’un des ultimes remparts à la disparition de nombreuses espèces.


[1] https://www.lepoint.fr/monde…

[2] https://www.lebonbon.fr/paris…

[3] https://www.especes-menacees.fr/monde…


La faune Russe : de l’alarme aux prises d’initiatives pour sauver les espèces
Pays le plus vaste au monde, la Russie abrite de nombreuses espèces animales en voie de disparition. Une situation liée à plusieurs facteurs et qui donne lieu à des prises d’initiative gouvernementales et associatives dans le but de préserver les espèces en danger.
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