image vide image vide image vide
Actualités

Le président angolais Dos Santos ne se représentera pas

Publié le 3 février 2017,
par Reuters.
Partager
()

LUANDA (Reuters) – Le président de l’Angola, José Eduardo dos Dantos, qui est au pouvoir depuis trente-huit ans, a annoncé vendredi qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle prévue au mois d’août.

L’actuel ministre de la Défense, Joao Lourenço, 62 ans, représentera le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), le parti au pouvoir, a ajouté le chef de l’Etat lors d’une allocution télévisée.

José Eduardo dos Santos, qui est âgé de 74 ans, restera toutefois président du MPLA, ce qui lui maintiendrait de forts pouvoirs, notamment celui de nommer les responsables de l’armée et de la police ou encore d’intervenir dans le choix des candidats aux élections législatives.

A la tête de l’Angola depuis 1979, soit quatre ans après l’indépendance, José Eduardo dos Santos est après le président de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le dirigeant africain présentant les plus longs états de service.

L’ancienne colonie portugaise a émergé en 2002 d’une guerre civile longue de vingt-sept ans entre le MPLA et le mouvement rival l’Unita, soutenue au début par l’Afrique du Sud voisine et les Etats-Unis, un conflit qui avait laissé le pays exsangue.

Depuis lors, un « boom » pétrolier a apporté un renouveau économique, propulsant le pays de 22 millions d’habitants au troisième rang des économies d’Afrique mais sans bénéficier à tout le monde, la plupart des Angolais vivant dans la pauvreté.

Ses détracteurs dénoncent l’autoritarisme et le népotisme du régime et accusent le chef de l’Etat d’enrichissement personnel et d’avoir favorisé les affaires d’associés ou de proches.

Notamment, disent-ils, de sa fille Isabel, que le magazine Forbes considère comme étant la femme la plus riche d’Afrique.

Son père l’a nommée l’an dernier à la tête de la compagnie pétrolière nationale, Sonangol. Son frère, José Filomeno, préside, lui, le fonds souverain angolais.

Pour Gary van Staden, politologue de NKC African Economics, le départ annoncé de José Eduardo dos Santos n’en est pas vraiment un.

« En fait, Dos Santos reste », résume-t-il. « Il va conserver une position très puissante dans le parti, ce qui veut dire qu’il garde le contrôle et le président devra lui rendre des comptes ».

 

(Herculano Coroado, avec Ed Stoddard à Johannesburg, Gilles Trequesser pour le service français)