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Devant le Sénat, Sessions dément toute collusion avec la Russie

Publié le 13 juin 2017,
par Reuters.
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WASHINGTON (Reuters) – Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a qualifié mardi de « mensonges épouvantables et méprisables » toutes les allégations sur son éventuelle collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.

L’Attorney General, un soutien de la première heure de Donald Trump, était entendu par la commission du Renseignement du Sénat dans le cadre de l’enquête parlementaire sur une possible ingérence des autorités russes afin de favoriser le candidat républicain lors du scrutin de novembre.

« Je n’ai jamais rencontré ou eu de conversations avec un quelconque représentant russe ou étranger concernant une quelconque ingérence dans une campagne ou une élection aux Etats-Unis », a déclaré Jeff Sessions lors d’une audition publique.

« Mieux, je n’ai eu connaissance d’aucune conversation de ce type par quiconque appartenant à la campagne de Trump », a poursuivi le ministre de la Justice.

« Suggérer que j’ai participé à une collusion ou que j’ai été informé d’une collusion avec le gouvernement russe afin de nuire à ce pays que je sers avec honneur depuis 35 ans ou afin d’affaiblir l’intégrité de notre processus démocratique est un mensonge épouvantable et détestable », a-t-il poursuivi.

Jeff Sessions avait annoncé la semaine passée qu’il entendait faire entendre sa vérité après la déposition de l’ex-directeur du FBI James Comey devant cette même commission sénatoriale chargée de l’enquête sur l’imbroglio russe qui embarrasse l’administration Trump.

L’Attorney General avait affirmé en janvier lors de son audition de confirmation devant le Sénat qu’il n’avait eu aucun contact avec des représentants russes en 2016.

Depuis, ses conseillers ont été contraints d’admettre que Jeff Sessions avait rencontré à deux reprises l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kislyak. Les mêmes conseillers ont expliqué que Sessions n’avait aucune intention de tromper les parlementaires car ces rencontres s’étaient faites dans le cadre de son mandat de sénateur.

Mais, comme l’ont rapporté plusieurs organes de presse américains, lors de sa déposition à huis clos James Comey a indiqué à la commission sénatoriale du Renseignement que Sessions pourrait avoir rencontré Sergueï Kislyak une troisième fois au Mayflower Hotel de Washington.

L’Attorney General a déclaré n’avoir aucun souvenir d’une conversation avec l’ambassadeur russe lors d’une réception à l’hôtel Mayflower et a expliqué avoir rédigé une note recommandant le destitution de James Comey après en avoir reçu la demande de la part de Trump.

 

INDÉPENDANCE

James Comey a été démis de ses fonctions sur ordre de Donald Trump le 9 mai alors que le FBI enquêtait sur les relations entre certains proches du milliardaire et des responsables russes. La communauté américaine du renseignement estime que le Kremlin a tenté d’influencer le résultat de la présidentielle en faveur de Trump, ce que ce dernier dément.

Le ministre de la Justice a refusé de révéler le contenu des conversations privées qu’il a pu avoir avec le président américain et, ce, quel que soit le sujet.

Cette déposition de l’Attorney General intervient dans un contexte de rumeurs entourant le possible limogeage du procureur spécial Robert Mueller, désigné mi-mai par le département de la Justice pour poursuivre de manière indépendante l’enquête conduite par le FBI.

Jeff Sessions, qui s’est récusé dans cette affaire, a affirmé qu’il ne prendrait aucune initiative visant à remplacer le procureur Mueller. Ce dernier a été désigné par l’Attorney General adjoint, Rod Rosenstein, qui a été entendu plus tôt dans la journée par les sénateurs.

L’audition de Rod Rosenstein par les sénateurs avait pour but de déterminer le degré d’indépendance dont Robert Mueller dispose dans cette enquête.

« Le directeur Mueller bénéficiera de toute l’indépendance dont il a besoin pour mener l’enquête d’une manière appropriée », a déclaré Rod Rosenstein, ajoutant qu’il fallait « oublier » les spéculations.

Le numéro 2 du département de la Justice est désormais le seul habilité à mettre fin à la mission de Robert Mueller.

Juriste de renom et ancien directeur du FBI de 2001 à 2013 après avoir été brièvement Attorney General adjoint, Robert Mueller est un fonctionnaire respecté par les élus républicains et démocrates ayant démontré son indépendance à l’égard des différentes administrations qu’il a servies.

Interrogé par la commission du Sénat, Rod Rosenstein a estimé mardi qu’il n’y avait aucune raison de remettre en cause le mandat de Robert Mueller et a affirmé qu’il prendrait aucune décision en ce sens sans bonne raison.

 

 

(par Julia Edwards Ainsley et Patricia Zengerle. Pierre Sérisier pour le service français)

Le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions, a qualifié mardi de "mensonges épouvantables et méprisables" toutes les allégations sur son éventuelle collusion avec la Russie lors de la campagne présidentielle américaine de 2016.