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Innovation

Vers une guérison du cancer ?

Publié le 15 avril 2015,
par VisionsMag.
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Aurélie Juhem, chercheuse grenobloise à l’université Joseph-Fourier, est peut-être à l’origine d’une des plus grandes découvertes biomédicales du siècle. Egalement directrice de la start-up rhônalpine Ecrin-Therapeutics depuis sa création en 2010, la jeune femme a mis à jour une molécule synthétique capable de neutraliser les fibres cancéreuses. Après sept ans de recherches, ET-D5, c’est son nom, s’inscrit comme un véritable espoir dans la sphère médicale. De rêve à évolution, les progrès de la médecine mettent en marche une véritable révolution vers un espoir de guérison du cancer.

La molécule ET-D5 présente une nouveauté inouïe dans la recherche de lutte contre le cancer. Comme l’explique Aurélie Juhem, la molécule possède une double action, puisqu’ « elle bloque la division cellulaire entraînant l’arrêt de la croissance de la tumeur, mais aussi en détruisant les vaisseaux qui alimentent cette même tumeur ». Autrement dit, cette molécule bioactive, protéine inédite nommée phosphatase, serait capable de tuer la zone cancéreuse, sans endommager les organes voisins.

Pour comprendre l’originalité du traitement, il est important de comprendre comment se développe et se propage un cancer. Née de cellules mutantes, la tumeur s’implante dans l’organisme puis colonise peu à peu le système sanguin l’irrigant en apports permettant sa croissance. Grâce à ce réseau vasculaire, la tumeur peut se propager dans l’organisme, donnant naissance aux métastases, étant à l’origine du cancer généralisé. ET-D5 bloque donc la croissance de la tumeur, mais plus important, neutralise le système vasculaire, l’empêchant ainsi de se répandre dans l’organisme.

Grâce à ce double procédé, les cancers très vascularisés et agressifs pour l’organisme pourraient être guéris. La « niche thérapeutique » envisagée par les chercheurs cible avant tout les cancers du foie, du pancréas, du rein et les sarcomes, le plus souvent diagnostiqués par une métastase, et donc difficiles à soigner.

Des résultats encourageants et un appel aux dons

Des tests effectués sur des souris de laboratoire affichent des résultats plus qu’encourageants pour la communauté scientifique. La jeune chercheuse explique qu’ « un petit morceau de tumeur humaine a été glissé sous la peau des animaux, et qu’après la prise d’une ou deux doses du traitement, plus de 95% de la masse tumorale étaient constitués de cellules mortes ». Des chiffres concluants toutefois bloqués au stade d’expérimentation animale.

En effet, des tests toxicologiques doivent être préalablement effectués afin de savoir si la molécule peut être nocive pour l’être humain, avant de pouvoir la tester sur des patients. Cependant, le laboratoire manque de fonds. La chercheuse en appelle alors aux dons, via une plateforme de Crowfunding (financement participatif) afin d’obtenir les 500 000 euros nécessaires pour financer ces tests finaux.

La chercheuse grenobloise Aurélie Juhem a découvert une molécule qui serait capable de tuer les fibres cancéreuses.

Quel avenir pour ce traitement révolutionnaire et Aurélie Juhem?

Si la start-up d’Ecrins-Therapeutics parvient à financer les tests certifiant la non-toxicité d’ET-D5, les premiers essais sur des malades pourraient débuter au premier trimestre 2016 au centre anticancéreux Léon-Bérard, à Lyon.

La chercheuse grenobloise annonce que les volontaires à ce traitement prendront cette molécule sous forme de cachet. Une sorte de chimiothérapie orale, qui complètera tout l’arsenal thérapeutique existant. « Evidemment, seules les personnes malades pourront essayer le nouveau traitement », prévient Aurélie Juhem.

Pour le moment, les résultats obtenus des tests sur les souris n’ont pas encore été publiés pour des raisons de concurrence, afin de protéger le brevet déposé en 2010 par la start-up appartenant à l’université Joseph Fourier de Grenoble. Si les tests à venir s’avèrent concluant, le brevet des chercheurs grenoblois pourrait se voir venu à un laboratoire pharmaceutique en vue d’une exploitation à grande échelle.

La recherche contre le cancer met donc à jour une avancée capitale en faveur de la guérison d’une maladie qui tue chaque année environ 150 000 personnes en France. Cette molécule ET-D5 est un rayon d’espoir pour la communauté scientifique, ainsi que pour tous les patients atteints de cancer. Si la start-up d’Aurélie Juhem parvient à lever les fonds nécessaires pour effectuer les derniers tests toxicologiques, les premiers traitements à base de cette molécule inédite pourraient afficher un grand pas vers une guérison du cancer. La jeune chercheuse affirme d’ailleurs qu’elle espère que, d’ici à une cinquantaine d’années, et grâce à l’avancée de la recherche et au progrès, le cancer pourra se banaliser et se signer comme une simple angine!

La communauté scientifique touche du doigt un procédé révolutionnaire qui pourrait sauver des milliers de vies… 500 000 euros lui font encore obstacle !

Image : mnninternational.com / www.parismatch.com