image vide image vide image vide
Politique

Emmanuel Macron : l’homme du Président

Publié le 24 février 2014,
par VisionsMag.
Partager
()

Depuis le début de l’année, Emmanuel Macron peut jubiler. Le jeune secrétaire adjoint de l’Elysée, conseiller de Hollande pour les affaires économiques, vient de remporter une victoire importante. Avec l’adoption du pacte de responsabilité, c’est la ligne Macron qui triomphe. Du coup l’homme de l’ombre se trouve projeté en pleine lumière.

31 décembre 2013, lors de ses vœux télévisés, François Hollande annonce le lancement du pacte de responsabilité. C’est un virage dans la politique du gouvernement qui se propose clairement de soutenir l’offre, les entreprises, plutôt que la demande. Les commentateurs soulignent la victoire de la ligne Macron, ou de la « Macron-économie ». Le nom ne dit rien aux français… pour cause, Emmanuel Macron est un homme de l’ombre. Secrétaire général adjoint d’Elysée, il conseille le président sur les affaires économiques. Il a été l’un des principaux rédacteurs du programme économique du candidat Hollande. Sa ligne est connue, c’est un social-démocrate. Il veut désendetter la France, rétablir la compétitivité des entreprises. Une vision libérale qui s’accompagne d’un attachement au rôle protecteur de l’Etat. Avec l’adoption du pacte de responsabilité, l’homme de l’ombre devient l’un des conseillers les plus influents du pays.

Philosophe et pianiste

Grand commis de l’Etat, mais aussi banquier d’affaires, philosophe, ou encore pianiste, les multiples visages d’Emmanuel Macron rendent l’homme difficile à cerner. Son parcours est un modèle de l’excellence à la française. Fils d’un professeur agrégé de médecine, il fait ses humanités au Lycée jésuite de la Providence à Amiens. L’établissement accueille les enfants de la bourgeoisie locale. Emmanuel Macron s’y distingue par des capacités hors-normes. Il est élevé en partie par sa grand-mère, directrice d’école, fille de parents illettrés, qui ne sera pas étrangère à son engagement à gauche.

Il poursuit ses études au Lycée Henri IV, à Paris, puis enchaîne avec les grandes institutions des élites : l’Institut des Etudes Politiques (Siences Po) en 2001 ; puis l’ENA, dont il sort en 2004 dans le corps de l’inspection des finances. Avant d’entrer à Sciences Po, il se permet néanmoins un « détour » par la philosophie. Titulaire d’un DEA, le jeune homme sera même nommé à 22 ans, assistant du philosophe Paul Ricœur. Une carrière dans les hautes sphères de l’université lui semble promise, mais les silences des arcanes du savoir le tentent peu. Emmanuel Macron veut être en phase avec son pays, agir au plus prés des centres de décisions.

Réduction du salaire par dix

Il va tenter en 2007 de se lancer en politique. En Picardie, il essaie d’obtenir du Parti Socialiste, une investiture aux élections législatives. Mais il ne sera pas candidat, les socialistes du Nord refusent de le choisir. Une décision qu’il considérera rétrospectivement comme une chance. Cet échec, lié à la victoire de Sarkozy en 2008, va le conduire à donner un tour inattendu à sa carrière.

Conseillé par Alain Minc, il choisit en effet de rejoindre le privé. Il devient banquier d’affaires chez Rothschild. Rapidement nommé gérant, il supervise le rachat d’une filiale de Pfizer par Nestlé. Une transaction qui fera sa fortune. Il restera dans la banque jusqu’en 2012, date à laquelle il est nommé secrétaire général adjoint de l’Elysée. Une « promotion » qui ne manque pas d’attirer les railleries des ses pairs banquiers, puisqu’elle lui vaut de réduire son salaire par dix.

L’engagement d’Emmanuel Macron auprès de François Hollande n’est pas un ralliement de dernière heure. Démarché par les proches de Sarkozy et ceux de DSK, Emmanuel Macron a toujours refusé de se ranger derrière un présidentiable. Nous sommes en 2008, lors d’un diner chez Jacques Attali. La vague du Sarkozysme déferle sur la France. François Hollande vient de quitter ses fonctions de secrétaire général du Parti Socialiste. Personne ne lui voit d’avenir politique. Les deux hommes se rencontrent ce soir là. Le courant passe immédiatement. Quelques temps plus tard, Emmanuel Macron déclenchera l’incrédulité de ses proches, en affirmant qu’en choisissant François Hollande, il s’engage auprès du futur président de la république.

Avec l’adoption du pacte de responsabilité, c’est la ligne Macron qui triomphe. Du coup l’homme de l’ombre se trouve projeté en pleine lumière.

Bientôt ministre

Emmanuel Macron n’est pas seulement un premier de la classe. Le personnage a du charisme. Il sait aussi séduire. Tous ceux qui le côtoient tombent sous son charme : à droite, Alain Minc ; à gauche, Jacques Attali. Même parmi l’aile radicale du PS, on trouve des personnalités comme Arnaud Montebourg pour vanter ses qualités. Laurence Parisot, l’ancienne patronne du Medef, voit en lui celui qui a compris les entreprises. La plupart sont bluffés par la grande maturité de ce jeune homme qui n’a que 34 ans lorsqu’il entre à l’Elysée.

La ligne Macron est de celles qui attirent les critiques. Trop sociale et politique pour les patrons, trop libérale et affairiste pour les politiques. Pourtant, quand on évoque son avenir, nombreux sont ceux qui lui prédisent un portefeuille de ministre. D’autres imaginent un retour dans la banque, ou bien la direction d’un grand groupe industriel français. Certains pensent qu’il reviendra à ses « racines » humanistes pour présider aux destinées d’une grande ONG. Il en est même qui le voient déjà… président. Emmanuel Macron affirme n’avoir jamais eu de plan de carrière. C’est sa force et son originalité. Car au final, cet enfant des grandes institutions, est avant tout, un homme de conviction.

Sources photos :  www.lopinion.fr  / www.europeanvoice.com/