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Innovation

Le deep Web, bientôt dernier espace de liberté sur Internet ?

Publié le 4 mai 2015,
par VisionsMag.
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Le deep Web – ou Web profond – connaît un regain de popularité à l’heure où la loi sur le renseignement menace la protection des données des citoyens français. Ce réseau qui n’est pas référencé par les grands noms du Web tels que Google, Yahoo ou Facebook. Il permettrait de passer entre les mailles du filet de la surveillance en ligne et du marketing abusif.

Le Web profond est la partie invisible aux moteurs de recherches grand public comme Yahoo, Bing ou Google. Ces derniers n’accèdent en fait qu’à 10% du contenu en ligne car les algorithmes qu’ils développent sont encore trop limités. Certaines pages du Web restent trop complexes par exemple, protégées par le droit d’auteur ou tout simplement inconciliables avec le format demandé requis par les développeurs.

Certains moteurs de recherche ont été développés spécifiquement pour pouvoir accéder aux 90% restants. C’est le cas de BASE (www.base-search.net) avec lequel on estime une recherche effectuée en ligne 500 fois plus fructueuse que celle des moteurs de recherches commerciaux.

Souvent malmené par les médias, le terme de « deep Web » devient synonyme de « darknet » (Web sombre), une sorte de monde anarchique en ligne où tout est probable, surtout l’anonymat. Les darknets constituent de véritables réseaux privés virtuels permettant de partager des fichiers de manière anonyme avec peu de personnes.

Par exemple, le réseau d’anonymisation Tor est une application qui permet de changer l’adresse IP d’un ordinateur pour changer sa localisation géographique, ce qui offre la possibilité d’accéder à des contenus censurés ou invisibles dans certains pays quand ils ne le sont pas dans d’autres. De même, le site de vente noire en ligne Silk Road où les paradis chimiques ou la monnaie sont en vente libre, est également un darknet. Si ces deux réseaux font alors partie de Web invisible – car anonyme ou non indexé – ils ne le définissent pas pour autant.

La cybersurveillance ne sert à rien

Dans ce contexte, la loi sur le renseignement dont on parle actuellement n’aura un impact que très limité car ne concernera que les 10% de contenu en ligne référencés par les moteurs commerciaux.

Même si les groupes terroristes n’en sont pas encore à recruter sur le Web invisible, plus intéressés par la communication de masse pour atteindre le maximum de nouvelles recrues, ils ne sont pas étrangers au mode de fonctionnement de ce réseau. Beaucoup de groupes qui ne souhaitent pas être identifiés utilisent depuis longtemps ce web invisible. En 2011, Anonymous, un groupe d’ « hacktivistes », des hackers activistes, avait déjà fait tomber un réseau de pédophilie qui s’était constitué sur le réseau Tor. Est-ce à dire que les acteurs du Web invisible font leur propre loi ? Il est encore trop tôt pour le savoir. L’année précédente, après le passage de la loi Hadopi de lutte contre le téléchargement illégal, les pirates en ligne ont continué à télécharger en toute discrétion et avec succès sur le Web invisible.

Un projet de loi de surveillance pourrait donc avoir un effet pervers et pousser plus de personnes à utiliser la face invisible du Web et fuir la surveillance et protéger leurs données. Cet effet pourrait rendre alors encore plus ardue la traque aux personnes qui ont vraiment des raisons de se terrer.

Sources des photos: deepweblinks.org / anti-virus1.com

Il existe un Web alternatif : le deep Web. C’est un réseau invisible aux moteurs de recherches en ligne, auquel les connaisseurs réservent un avenir surprenant car il pourrait bien être un choix plus attrayant qu’un Internet plus commercial.