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Biographie

Aelita Andre : un génie précoce

Publié le 4 juin 2013,
par VisionsMag.
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Est-ce un génie ? Ou est-ce que c’est la surmédiatisation qui a été géniale ? Une campagne médiatique bien dosée ou la naissance de l’un des plus grands peintres abstraits de la deuxième décennie du 21ème siècle ? Autant de questions qui s’estompent vite à la vue des œuvres Aelita Andre, une surdouée de la peinture qui n’a que 6 ans. Un bouleversement.

Le 21ème siècle sera médiatique ou pas. L’art est devenu dépendant des médias. Pour percer, il faut faire le « buzz ». Il faut un maximum de vues sur Youtube, le plus grand nombre de « j’aime » sur Facebook ou une cohorte entière de retweets sur Twitter. Les médias conditionnent l’art, malgré des poches de résistance qui se forment un peu partout. Ainsi, le domaine de la peinture n’a pas échappé au tsunami médiatique. Des centaines de génies de la peinture naissent ainsi chaque année sur la toile. Starifiés par les webnautes et les téléspectateurs, ces jeunes pousses ont une carrière éphémère. Aelita Andre, une fillette née de parents russes et vivant en Australie, est entrée dans ce cercle intime. Mais elle semble être partie pour durer.

l’immumination d’un enfant prodige

Le New-York Times s’interroge si Aelita Andre est « le successeur de Jackson Pollock, ou le Damien Hirst de demain ? ». On est en droit de se poser la même question. On retrouve du Jackson Pollock, la légende de l’expressionisme abstrait, chez la petite russe, pour l’aspect de la légèreté de l’œuvre, le style aérien employé et la spontanéité. La patte de Damien Hirst se niche dans le traitement pictographique des sujets. Mais peut-on parler d’influence chez une gamine qui a confirmé ses talents à seulement 4 ans ?

On ne peut pas non plus mettre au seul fruit du hasard les œuvres réalisées par Aelita Andre. Elles sont constantes, suivant presque un même cheminement artistique, penchant du côté de l’art abstrait. En plus, l’enfant ancre ses œuvres dans la « réalité », c’est ce qui fait peut-être son côté enfant. Des séries comme « la danse des dragons à Hong-Kong » ou encore le « Supernova » sont saisissantes de force et de vitalité, pour pouvoir n’être affublées que de l’étiquette d’ersatz. La gamine a été surement préservée de la pollution informative et visuelle qui brouille et enfume l’esprit.

Faire de l’art et être artiste, distinguo

Pour ses parents, Aelita Andre est un véritable génie. D’autres observateurs sont plus élogieux, en la qualifiant de véritable prodige de la peinture abstraite. Pour le justifier, Nikka et Michael, ses parents ont expliqué que la démarche d’Aelita dans son approche de la peinture est différente. Les enfants de son âge n’auraient jamais la patience de peindre durant une heure de temps voire plus, chose que la graine d’artiste accomplit aisément et régulièrement qui plus est. Ses parents lui ont aménagé une salle pour qu’elle puisse travailler et se concentrer entièrement sur sa peinture.

La croisade menée par les parents de la petite fille a été toujours la reconnaissance. En effet, les termes « gribouillis », « hasards », étaient toujours utilisés par les détracteurs. Certains artistes confirmés expliquent qu’un enfant aussi jeune, qui ne fait pas partie du discours sur l’art, ne peut être considéré comme un vrai artiste. D’autres estiment que tous les gribouillis d’enfants devraient donc être considérés comme de l’art. La palme de la réflexion revient sûrement à un administrateur sur un forum catholique :

« Si tous les génies de la peinture des dernières décennies n’avaient en fait que le niveau artistique d’une enfant de 4 ans ? »

Dans le même forum, certains se moquent gentiment de l’approche globale des « critiques d’art »:

« A une certaine époque, Stéphane Collaro faisait une émission appelée le Collaro show. Un jour, il a fait analyser par des critiques d’art une œuvre contemporaine abstraite. Ils y ont vu la force du trait, la puissance du geste et des couleurs. Ensuite, ils ont présenté l’artiste : c’était une vache dont on avait enduit la queue de peinture »

Ces deux éléments d’interrogation interpellent et font réfléchir, mais ne peuvent enlever l’authenticité, qui illumine les tableaux d’Aelita, fortuite ou pas.

A 4 ans, la vente de ses œuvres a permis d’amasser plus de 160 000 dollars. Certaines se sont arrachées à plus de 24 000 dollars.

L’émerveillement coloré

Les œuvres d’Aelita font l’apogée des couleurs. C’est là peut-être qu’on retrouve cette candeur propre à l’enfance et cela renvoie aux fameux gribouillis. Sauf que l’approche insouciante et innocente du petit prodige, semble (le mot est de rigueur) obéir à une logique et à une démarche artistique convaincantes. Ses toiles sont aériennes et jouent la partition de la découverte et de l’enchantement. Ses dernières toilées, datée de 2013, semblent jouer la carte de la maturité, même si ce mot ne sied guère à une artiste d’à peine 6 ans. Se cantonnant à l’acrylique, à ses débuts, Aelita a intégré peu à peu des objets qui l’entourent dans ses peintures comme des figurines, des laines d’acier et des mini dinosaures de plastique et d’autres babioles renforçant la puissance de ses œuvres.

Après des nombreuses expositions, notamment à travers des biennales prestigieuses (celle de Londres en l’occurrence), l’art d’Aelita Andre jouit d’une belle notoriété. La vente de ses œuvres a permis d’amasser plus de 160 000 dollars. Certaines de ses toiles s’arrachent à plus de 24 000 dollars. Ses parents ont décidé de mettre dans une épargne les sommes ainsi gagnées, pour lui permettre de vivre une vie à la Crésus.

En tout cas, ce serait une vie amplement méritée pour celle qui a commencé à travailler à partir de… 16 mois. Celle qui sera toujours au cœur de polémiques. Mais c’est le propre des génies.