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Biographie

Kaiane Lopez, miss Monde et maire de Gibraltar, au cœur du Brexit

Publié le 27 juin 2017,
par VisionsMag.
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Kaiane Aldorino Lopez, 30 ans, a été élue miss Gibraltar puis miss Monde à Johannesburg en 2009 avant de devenir la plus jeune maire de Gibraltar en 2017. Peu politique, cette fonction est essentiellement honorifique. Toutefois, Kaiane Lopez n’hésite pas à prendre position en faveur d’un territoire sous souveraineté britannique lors des crispations géopolitiques entre le Royaume-Uni et l’Espagne nées après le Brexit.

Kaiane Lopez, miss Monde en 2009 et maire de Gibraltar en 2017

Fille d’une infirmière pour animaux et d’un fonctionnaire du ministère de la Défense, Kaiane Lopez est née à Gibraltar en 1986. Elle mène une double carrière dans le mannequinat et d’employée au département des ressources humaines à l’hôpital Saint-Bernard de Gibraltar lorsqu’elle remporte le concours de miss Monde en 2009. Elle reçoit alors le médaillon d’honneur de Gibraltar, la plus haute distinction civile de l’enclave britannique. La jeune femme est nommée adjoint du maire en mars 2014 avant de devenir la plus jeune maire de Gibraltar, le 4 avril 2017, sur proposition de Fabian Picardo, ministre en chef du gouvernement local de Gibraltar.

« Gibraltar est britannique, et le restera pour toujours »

Peu politique, le poste de maire de Gibraltar est essentiellement honorifique, une sorte de reine Elizabeth II pour 32.000 sujets. Depuis sa prise de fonction, le quotidien de miss Monde 2009, titre qui a bien sûr influencé sa nomination, a peu changé : elle reste l’ambassadrice du rocher lors de toutes les cérémonies et réceptions officielles. Toutefois, l’ex reine de beauté n’hésite pas à prendre publiquement position en faveur du maintien de la souveraineté britannique après la crise du Brexit et les ambitions territoriales espagnoles sur le rocher : « je suis très fière d’être une Anglaise. Gibraltar est britannique, et le restera pour toujours. Pourquoi devrions-nous changer de drapeau ? »

Un voisin encombrant pour l’Espagne

Les 7 km² du « Peñon » (le rocher), arrachés par la Grande-Bretagne à l’Espagne en 1713, a toujours été source de tensions entre les deux pays, qui en revendiquent chacun la souveraineté. La polémique a été relancée lors du référendum de juin 2016 où les Gibraltariens ont voté à 96 % pour le maintien dans l’Union européenne. En effet, l’économie prospère de Gibraltar, reposant sur un faible régime d’imposition et son appartenance à l’UE, attire aujourd’hui de nombreux investisseurs. Entre 2014 et 2015, la croissance à deux chiffres (10 %) de Gibraltar a été supérieure à celle de la Chine, le chômage y est quasi inexistant alors qu’il touche près d’un tiers des actifs de l’autre côté de la frontière espagnole. Des privilèges fiscaux avantageux et une économie florissante expliquent le refus massif des Gibraltariens qui se sont prononcés à 99 % contre une proposition de souveraineté partagée entre Royaume-Uni et l’Espagne lors d’un référendum en 2002.

Kaiane Lopez, élue plus belle femme du monde en 2009, est devenue à 30 ans la plus jeune maire de l'histoire de Gibraltar, le 4 avril dernier.

Une enclave qui résiste

Avec le Brexit, l’Espagne pourrait fermer sa frontière terrestre avec Gibraltar, devenue une frontière extérieure de l’Europe. Cette situation ne serait pas inédite puisqu’elle s’est déjà produite par le passé, en 1967 après un référendum d’autodétermination dans lequel 99,64 % des électeurs avaient exprimé leur volonté de rester sous la souveraineté britannique. Francisco Franco avait alors fermé la frontière en 1969, obligeant les habitants du rocher à quitter le territoire par la mer ou les airs jusqu’en 1985. Plus récemment, en 2013, les Espagnols avaient instauré un péage à 50 euros, pour venir en aide aux pêcheurs, avant d’être déboutés par Bruxelles.

Dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a proposé le 31 mars dernier qu’ »aucun accord entre l’UE et le Royaume-Uni ne pourra s’appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le royaume d’Espagne et le Royaume-Uni ». La perspective d’un droit de veto espagnol sur l’avenir du Rocher est très mal perçue dans l’enclave. La réaction des Britanniques ne s’est d’ailleurs pas fait attendre puisque Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères anglais, a précisé que « Gibraltar n’était pas à vendre ».

Choisir entre rester dans l’Union européenne ou sous souveraineté britannique, voici un dilemme que Kaiane Lopez a tranché : « Nous resterons unis derrière notre reine ».

Images : badische-zeitung.de / wikimedia.org / Thegreatpageantcommunity.com / parismatch.com / 20minutes.fr