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Le M5S confronté aux déboires de la maire de Rome

Publié le 27 janvier 2017,
par Reuters.
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ROME (Reuters) – Élue sous la bannière du Mouvement 5 Etoiles (M5S) sur la promesse de mettre fin à la corruption qui sévit dans les différentes strates du paysage public romain, Virginia Raggi est désormais confrontée à une série de scandales qui ternissent l’image de sa formation alors que des élections législatives se profilent.

Son élection en juin dernier à la tête de la capitale italienne devait démontrer les capacités à diriger du M5S, un mouvement qui se présente comme anti-système, mises en doute par le personnel politique traditionnel qui le taxe d’amateurisme.

Âgée de 38 ans et sans véritable expérience politique, Virginia Raggi se dit victime d’une chasse aux sorcière menée de concert par les médias et les élites italiennes.

Dès sa prise de fonction, l’élue a été contrainte de composer avec des démissions et des luttes intestines et en décembre, l’un de ses conseillers, Raffaele Marra, a été arrêté dans le cadre d’une affaire de corruption lié à un marché immobilier. Mardi, elle annoncé à son tour être visée par une enquête judiciaire pour abus de pouvoir et faux témoignage.

L’image du M5S semble pour l’instant épargnée par les déboires de Virginia Raggi. Les sondages placent le mouvement dirigé par l’ancien humoriste Beppe Grillo en deuxième position, derrière le Parti démocratique au pouvoir et lui accordent une confortable avance sur les autres forces de l’opposition.

Sa popularité pourrait toutefois s’effriter si le scandale visant l’élue romaine venait à prendre de l’ampleur.

 

NÉPOTISME

« Rome a offert aux 5-Etoiles l’opportunité de montrer aux Italiens qu’ils sont capables de gouverner, mais c’est un désastre », estime Sergio Fabbrini, spécialiste de l’action publique à l’université LUISS de Rome. « Leur crédibilité est abîmée. »

« Nous allons leur apprendre à faire de la politique à Rome », lançait Virginia Raggi lors de sa campagne électorale.

« Ils nous accusent de ne pas être des experts, mais ce sont les experts qui ont détruit Rome. »

Il lui aura toutefois fallu des semaines pour former son équipe et ses choix se sont parfois avérés malheureux, mettant en exergue un manque cruel de ressources au sein du M5S.

Au cours des six derniers mois, huit membres de son équipe l’ont quittée ou ont été poussés vers la sortie, dont ses deux adjoints au budget.

L’arrestation de Raffaele Marra continue de hanter Virginia Raggi qui est désormais accusée d’avoir promu le frère de ce dernier, Renato Marra, passé de la police municipale à la tête de l’office du tourisme de Rome, une mutation qui lui a permis d’augmenter considérablement son salaire.

La justice italienne soupçonne Virginia Raggi de népotisme, ce qu’elle réfute.

Le M5S, qui avait pris l’habitude de suspendre ses membres dès leur mise en cause par la justice, a annoncé en janvier que cette pratique n’aurait plus cours pour ses parlementaires. Ces derniers devront toutefois respecter un « code éthique ».

Au-delà de l’impact sur l’image de la maire de Rome, placée à la 103e place sur 104 des maires préférés des Italiens par un sondage du quotidien Il Sole 24 Ore, les difficultés rencontrées à Rome par le M5S ont mis en lumière son absence de résultats tangibles dans la capitale italienne.

« J’ai voté pour Raggi, mais je le regrette. Elle est trop inexpérimentée », admet Ferdinando Gangemi, coiffeur.

« Cela fait 50 ans que je vis ici et ça n’a jamais été aussi mal géré. »

 

(par Crispian Balmer. Nicolas Delame pour le service français, édité par Tangi Salaün)