Economie et corruption au coeur de la présidentielle en Mongolie Economie et corruption au coeur de la présidentielle en Mongolie Economie et corruption au coeur de la présidentielle en Mongolie
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Economie et corruption au coeur de la présidentielle en Mongolie

Publié le 26 juin 2017,
par Reuters.
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OULAN-BATOR (Reuters) – Les bureaux de vote ont ouvert lundi en Mongolie pour le premier tour d’une présidentielle où près de deux millions d’électeurs sont appelés aux urnes, sur fond d’inquiétudes quant à la corruption dans un pays riche en ressources naturelles.

Les observateurs anticipent un duel entre le candidat du Parti du peuple mongol (PPM) au pouvoir, Miyeegombo Enkhbold, et l’opposant Khaltmaa Battulga du Parti démocrate (PD).

Le premier est partisan d’améliorer le climat des affaires, le second, ancien champion d’arts martiaux, souhaite nationaliser les ressources naturelles comme le charbon et le cuivre.

Le troisième candidat, Sainkhuu Ganbaatar, est issu de la formation factieuse du Parti révolutionnaire du peuple mongol.

Les nomades de Mongolie, qui représentent environ un tiers de la population, ont déjà voté dans des bureaux de vote itinérants pour ce scrutin vu comme un référendum sur la politique économique du pays et le rôle de la Chine dans son développement.

Le pays enclavé entre la Chine et la Russie est l’un des moins densément peuplés au monde avec une moyenne deux habitants au km². Près de la moitié des Mongols vivent dans la capitale, Oulan-Bator.

La démocratie parlementaire a porté au pouvoir en juillet dernier un nouveau gouvernement PPM à l’issue des législatives.

L’élection présidentielle représente un test pour le PPM, ancien parti communiste d’avant 1990, et les mesures mises en oeuvre pour sortir de la crise économique.

Après une période de croissance à deux chiffres entre 2011 et 2013, la Mongolie est frappée depuis l’an dernier par une crise liée à la baisse des revenus tirés des matières premières doublée d’un fort endettement.

 

« FIERTÉ » OU « UNITÉ »

En février, le gouvernement a conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres partenaires un plan de stabilisation d’un montant de 5,5 milliards de dollars (5,18 milliards d’euros) après avoir mis en oeuvre des mesures d’austérité.

« L’électorat n’est pas satisfait des taxes et des coupes budgétaires du FMI », estimait Dale Choi, analyste et directeur du groupe financier Altan Bumba à Oulan-Bator. « Mais le PPM a fait une campagne dure pour expliquer pourquoi la Mongolie en était là. »

Selon la Constitution mongole, le président peut opposer son veto aux législations adoptées par le gouvernement et nommer les membres de l’administration judiciaire.

Les trois candidats ont promis de faire revenir la croissance dans le pays et de renforcer les liens diplomatiques avec les pays voisins, et notamment avec la Chine, à des degrés divers.

Les sondages sont proscrits pendant toute la durée de la campagne, mais dans une enquête menée en mars, le candidat du PPM, qui promet une « Mongolie unie », était crédité du taux d’approbation le plus élevé.

Battulga, son adversaire du Parti démocrate, est partisan d’une certaine méfiance à l’égard de la Chine, premier investisseur étranger en Mongolie, et entend restaurer la « fierté » nationale.

Le candidat, qui calque son apparence sur celle du patron mafieux Vito Corleone des films « Le Parrain » de Francis Ford Coppola et possède un parc d’attraction sur le thème de Gengis Khan, a confié récemment à Reuters qu’il pensait gagner en raison de son « dévouement » à la Mongolie.

La corruption est l’un des autres points centraux de l’élection, les trois candidats faisant l’objet de soupçons dans ce domaine.

« La corruption est arrivée à un tel niveau, c’est un seuil critique, et les gens pourraient voter pour des candidats complètement nouveaux », estimait le commentateur politique Jargalsaikhan Dambadarja. Seuls trois partis sont cependant autorisés à présenter un candidat.

 

 

(par Joseph Campbell et Terrence Edwards. Julie Carriat pour le service français, édité par Pierre Sérisier)